MILITARISATION. Des filières militantes françaises et européennes conduisent certains activistes d’extrême gauche vers des camps d’entraînement basés au Moyen-Orient.
Article publié sur le JDD le 22/02/2026 et écrit par Lara Tchekov avec la participation de Olivier Vial et Michel Fayad disponible dans son entiereté sur le site du JDD : https://www.lejdd.fr/Societe/ultragauche-dans-les-camps-armes-du-moyen-orient-167057
Octobre 2023, à Lyon, un hommage est organisé pour Dominique Bernard, professeur assassiné par un islamiste. Ce jour-là, dans un court enregistrement diffusé par le collectif Némésis, Raphaël Arnault, alors candidat aux législatives, tient des propos d’une violence rare : « Cette bouffonne d’Alice Cordier [directrice du collectif Némésis, NDLR] qui repartage les Kurdes. J’ai un conseil à lui donner : qu’elle vienne là-bas, vers les Kurdes. On va lui mettre une balle dans la tête. » La référence ne relève pas d’une simple outrance verbale. L’engagement radical de Raphaël Arnault, comme celui de l’autre cofondateur de la Jeune Garde Safak Sagdic, dépasse les affrontements de rue. En 2015, Safak Sagdic a rejoint – en le revendiquant publiquement – les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) au Kurdistan syrien. Un mouvement qui gravite dans l’orbite idéologique du PKK, organisation kurde née en Turquie et historiquement structurée autour d’une matrice marxiste. La référence aux « Kurdes », lancée par Raphaël Arnault, renvoie à un espace bien réel de combat armé. D’autant que les forces kurdes, engagées dans des conflits ouverts, recrutent des volontaires. Pour des militants d’ultragauche, ces fronts étrangers présentent un double intérêt : défendre une cause perçue comme révolutionnaire et se former militairement.
La violence pratiquée par certains groupes antifas s’alimente et se structure en effet au contact de théâtres de guerre, puisque certains militants d’extrême gauche français et européens se rendent au Moyen-Orient pour s’entraîner militairement, dans des camps palestiniens au Liban, ou kurdes en Syrie. Selon nos informations, recueillies auprès de l’armée libanaise, des militants français de La France insoumise auraient pris contact avec le militant pro-palestinien Georges Ibrahim Abdallah, libéré en juillet dernier après quarante années de détention pour complicité d’assassinat terroriste. Ils lui auraient demandé s’il était en mesure d’organiser leur entraînement dans des camps palestiniens – s’appuyant sur sa légitimité d’ancien coordinateur militaire entre des mouvements de gauche européens et des organisations palestiniennes pendant la guerre du Liban. Mais les marges d’un homme surveillé par l’armée libanaise sont réduites. Cette dernière soupçonne des élus LFI – qui ont publiquement soutenu Abdallah – d’avoir transmis ses coordonnées…
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Crédit image : Par Gregor Wünsch from Leipzig, Deutschland — le0407 (Rojava) – Antifa-Fahne, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=98712364
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