Dans la nuit du 6 au 7 avril 2026, plusieurs incendies volontaires ont visé des installations électriques autour de Bourges (Cher), dans une action coordonnée. Ces équipements alimentaient notamment des usines d’armement, ce qui oriente l’enquête vers un possible sabotage à motivation idéologique
Article publié sur le site d’atlantico le 14 avril 2026, interview de Olivier Vial. L’article est disponible dans son intégralité à l’adresse suivante : https://atlantico.fr/article/decryptage/sabotage-anti-industrie-de-larmement-dans-le-cher-la-sous-direction-anti-terroriste-reagit-enfin-olivier-vial
Dans quelle mesure ces nouvelles attaques ciblées révèlent-elles des failles dans la protection des industries stratégiques françaises ? Quelles mesures concrètes pourraient être mises en place pour renforcer leur sécurité ?
Olivier Vial : Ce qui s’est passé dans le Cher relève d’une faille qui ne touche pas seulement le secteur de l’armement. C’est le talon d’Achille de toutes les entreprises. En effet, les sites industriels eux-mêmes sont, très souvent, fortement sécurisés, surveillés, et toute tentative d’intrusion directe expose à des poursuites lourdes. Les saboteurs l’ont parfaitement intégré. Plutôt que d’attaquer les usines, ils s’en prennent aux transformateurs, pylônes et câbles haute tension qui les alimentent. Ces infrastructures électriques sont disséminées sur des centaines de kilomètres, impossibles à garder dans leur totalité, et leur destruction peut causer des dégâts considérables — plusieurs millions d’euros, des mois de travaux — tout en minimisant les risques juridiques pour leurs auteurs. L’ultra-gauche estime désormais que la stratégie la plus efficace pour faire tomber le capitalisme, ce n’est pas de s’attaquer frontalement à ses usines, ses médias ou ses institutions, mais de couper les flux qui les irriguent (électricité, logistique, réseaux de transport, internet, data…). « À chaque réseau ses points faibles, ses nœuds qu’il faut défaire pour que la circulation s’arrête », écrivait déjà les activistes du Comité Invisible en 2007. Pour eux, ces flux sont le sang qui fait battre le cœur du système, en multipliant les coupures on finit par l’affaiblir. C’est le principe de la stratégie des mille entailles.
Le deuxième angle de vulnérabilité, c’est la sous-traitance. Le ministre des Armées Sébastien Lecornu l’avait lui-même pointé lors d’une audition au Sénat en juin 2024 : 80% des attaques visant la BITD (Base industrielle et technologique de défense) ciblent des PME et ETI, bien moins protégées que les grands groupes. L’ultra-gauche française l’a bien compris et elle s’emploie à cartographier les sites militaires, les entreprises et l’ensemble des sous-traitant du secteur. À Toulouse, par exemple, les réseaux antifas ont relancé en mars 2025 une cartographie des entreprises liées à l’industrie de défense dans la région. Héritière du projet « Toulouse Nécropole » lancé en 2014, elle recense et publie sur internet la liste des entreprises, laboratoires, écoles et sous-traitants du secteur de la défense dans la région.
Sabotages dans le Cher : la menace de l’ultra-gauche sur l’industrie de l’armement français
Sabotages dans le Cher : une menace de l’ultra-gauche sur la défense nationale
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