Article publié par La Nouvelle Revue Politique, écrit par Olivier Vial et publié le 2 octobre 2026, consacré à l’instrumentalisation des mouvements lycéens par La France insoumise (LFI). L’article est à retrouver dans son intégralité sur le site de La Nouvelle Revue Politique au lien suivant : https://nouvellerevuepolitique.fr/de-linquietude-a-lemeute-comment-lfi-et-lextreme-gauche-se-instrumentalisent-la-colere-lyceenne/
Pourquoi la mobilisation de septembre 2026 n’est pas un mouvement lycéen comme les autres
1 027 établissements touchés par la mobilisation, près de 2 000 interpellations, 305 policiers, gendarmes et pompiers blessés, entre 25 et 30 millions d’euros de dégradations rien que pour les lycées d’Auvergne-Rhône-Alpes : voilà le bilan de la seule journée d’hier. Depuis le début des troubles, 170 élèves et 65 personnels de l’Éducation nationale ont également été blessés. Ce vendredi, le ministre de l’Éducation nationale a été contraint de fermer un peu plus de 400 établissements, certains parce que leurs systèmes de sécurité incendie ont été détruits, d’autres parce que leurs personnels ont été directement menacés ou agressés.
Si la violence a presque toujours accompagné les mouvements étudiants et lycéens, son intensité et sa soudaineté sont inédites pour un mouvement scolaire ordinaire. La mobilisation a, en quelques jours, changé de nature. Reconnaître les inquiétudes lycéennes (postes d’enseignants non pourvus, manque d’infirmières, classes surchargées, bâtiments dégradés…) n’oblige pas à reprendre le récit d’un mouvement spontané et autonome qui aurait ensuite été débordé par quelques casseurs.
La question centrale est donc la suivante : pourquoi ce mouvement n’est-il pas un mouvement lycéen comme les autres ? Quatre caractéristiques le distinguent : sa co-construction politique presque immédiate ; l’apparition inaugurale de la violence ; la transformation méthodique d’inquiétudes locales en colère systémique ; enfin, l’existence d’un écosystème numérique qui permet d’attiser, d’orienter et de radicaliser la mobilisation à distance.
Une mobilisation coconstruite
La chronologie est essentielle. Un premier blocus est signalé le 17 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, puis un second le 21. Or Louis Boyard est présent devant l’établissement dès ce 21 septembre, alors que les protestations restent locales et qu’aucun mouvement national ne s’est encore véritablement constitué. Quelques jours plus tard, l’Union syndicale lycéenne appelle à bloquer « tous les lycées » et rattache ces mécontentements dispersés à une stratégie de « convergence des luttes ».
Il ne s’agit donc pas d’une récupération tardive. Cela aurait supposé qu’un mouvement autonome ait d’abord existé, formulé ses revendications, trouvé ses porte-parole avant qu’un parti ne tente de s’en emparer. Ici, la politisation accompagne la naissance de la mobilisation, voire la précède.
Depuis plusieurs années, Louis Boyard, Rima Hassan et certains élus LFI font la tournée des universités pour tenter de nourrir la colère de la jeunesse lycéenne et étudiante. Le compagnonnage entre Ryad Rani, le président de l’Union syndicale lycéenne, et LFI est, de ce point de vue, éclairant. Ce syndicaliste lycéen, qui affirme ne pas appartenir à un parti, a cependant des liens très étroits avec le parti de Jean-Luc Mélenchon : il a participé aux AMFiS 2026, où il est intervenu aux côtés de Louis Boyard ; il a fait un stage auprès du député David Guiraud ; il a même été candidat sur une liste municipale LFI à Wattrelos.

